DCC2 pourquoi les marchands doivent s'y interesser

DCC2 : pourquoi les marchands doivent s'y intéresser

Dans cet épisode de Connexions, Justine reçoit Virginie Lécluse, Responsable de l’onboarding client et du programme DCC2 chez Oney, ainsi que Najim Filali, Business Developer, chargé d’identifier et d’accompagner les futurs partenaires stratégiques.

Ensemble, ils reviennent sur les réactions des commerçants concernant la DCC2, ses impacts sur les parcours de financement et les raisons qui invitent les entreprises à agir dès maintenant.

Podcast Connexion Episode 1 : Décryptage de la DCC2

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JUSTINE (ouverture) :

Le paiement fractionné, c’est devenu un réflexe pour vos clients, pour votre conversion. Et en novembre 2026, une nouvelle réglementation européenne va rebattre les cartes : la DCC2. En quelques mots, c’est une directive européenne qui va transformer votre manière d’accorder du crédit. Est-ce que vous êtes prêts ? Est-ce que c’est une opportunité business ou une contrainte ? On va en discuter aujourd’hui dans ce nouvel épisode de Connexions. Je reçois aujourd’hui deux invités, Virginie et Najim. Bienvenue à tous les deux. Pour commencer, je propose que vous vous présentiez.

VIRGINIE LECLUSE :

Virginie Lécluse, je suis responsable de l’onboarding client, donc des parcours, chez Oney, et je suis responsable du programme DCC2.

NAJIM FILALI :

Bonjour Justine, bonjour à tous. Moi, c’est Najim, et j’ai la super mission d’identifier, d’abord, puis d’accompagner nos futurs partenaires stratégiques chez Oney.

JUSTINE :

Avant que je vous pose toutes les questions que je me pose sur cette thématique, commençons par le début. Qu’est-ce que c’est exactement, la DCC2 ?

VIRGINIE LECLUSE :

Alors, la DCC2, c’est la Directive du Crédit à la Consommation. Alors pourquoi le numéro 2 ? C’est qu’il y en a eu une avant. Elle date de 2008. Bon, depuis 2008, il s’est passé plein de choses. Ça a un petit peu bougé sur le e-commerce depuis 2008.

NAJIM FILALI :

Carrément.

VIRGINIE LECLUSE :

Donc, le e-commerce a explosé, et le paiement fractionné avec. Donc, le paiement fractionné ne faisait pas partie du cadre du crédit à la consommation. Donc, cette nouvelle directive, elle vise, pour protéger les consommateurs, à cadrer et à harmoniser les pratiques du marché sur le paiement fractionné.

JUSTINE :

Et quand est-ce qu’elle entre en vigueur ?

VIRGINIE LECLUSE :

Le 20 novembre 2026.

JUSTINE :

Donc l’objectif européen, c’est de protéger le consommateur. Et côté commerçant, qu’est-ce que ça va changer ?

VIRGINIE LECLUSE :

Côté commerçant, finalement, l’impact, c’est d’avoir plus de lisibilité. Donc on parle de protéger le consommateur : l’idée, c’est bien qu’il sache ce à quoi il souscrit, quand il est sur un parcours. Et donc ça nous permet d’avoir une meilleure solvabilité, et donc, d’avoir une meilleure protection du consommateur.

JUSTINE :

Najim, toi, les commerçants, tu es avec eux sur le terrain tous les jours. J’imagine que tu as commencé à leur parler de la DCC2. C’est quoi les réactions quand tu abordes le sujet ?

NAJIM FILALI :

On a beaucoup de réactions différentes. Peut-être avant, pour structurer la réponse, on identifie déjà deux types d’acteurs. On va avoir des très gros acteurs qui disposent de directions de paiement, et donc de directeurs de paiement. Et souvent, ce directeur de paiement a fait ses gammes aussi auprès d’un organisme financier. Et donc eux sont forcément un peu plus éclairés. Et par ailleurs, on va avoir des acteurs de toutes tailles. On a des très petits, des petits, et voire des très grands qui n’ont pas ces directions de paiement et qui se sentent un peu moins informés, voire pas du tout. Donc finalement, qu’on soit petit ou gros acteur, ce qu’on va distinguer, nous, chez Oney, c’est deux types de comportements. Le premier, c’est de considérer que DCC2 va être une menace. Une menace puisqu’elle va imposer un cadre avec des mentions légales supplémentaires, un coût total du crédit, etc., qui va manquer de fluidité dans le parcours et l’alourdir. Certains vont considérer que c’est une menace. D’autres, au contraire, vont considérer que c’est une opportunité, puisque renforcement de la protection du consommateur, plus de lisibilité, plus d’harmonie. Et aussi, on parle à l’échelle européenne, mais notamment nationale aussi : ce sont des parcours qui vont se standardiser et s’harmoniser.

JUSTINE :

Et est-ce que t’as l’impression que tout le monde a l’air bien au courant, ou c’est encore flou pour certains acteurs ?

NAJIM FILALI :

Ouais, pour faire simple, on va distinguer un tiers qui se sent plus ou moins informé, et deux tiers qui le sont très peu, voire pas du tout.

JUSTINE :

Alors ma question, c’est : est-ce que ces deux tiers sont concernés ? Concrètement, le périmètre, qui est concerné par cette DCC2 ?

NAJIM FILALI :

Eh bien, j’ai envie de dire : tout le monde. Toutes les personnes en tout cas, enfin, toutes les enseignes qui proposent du paiement fractionné. Dès le moment que vous offrez la possibilité à votre client de payer en plusieurs fois, que ce soit des biens ou des services, vous êtes concerné par cette directive.

VIRGINIE LECLUSE :

Et puis, tu mentionnes tous les acteurs qui distribuent du financement, mais il y a aussi ceux qui y pensent, justement, et donc c’est un bon timing pour eux de s’y mettre, puisqu’en s’y mettant, ils adopteront les bons réflexes rapidement. Donc, le périmètre est très large.

JUSTINE :

Si je suis un commerçant et que je reçois un paiement qui n’est pas comptant, je suis concerné ?

VIRGINIE LECLUSE :

Exactement.

JUSTINE :

Ok, je commence à comprendre un peu mieux. Maintenant, ce que j’aimerais bien comprendre, c’est qu’est-ce qu’on y gagne à s’y mettre maintenant plutôt que d’attendre septembre et la rentrée ?

VIRGINIE LECLUSE :

Alors, de s’y mettre maintenant, ça vous permet d’améliorer les choses. Aujourd’hui, on a des parcours qui sont performants. Eh bien, ça nous permet de travailler davantage la performance. On traite la DCC2, donc ça a un impact sur les parcours, effectivement. Mais du coup, le fait de l’anticiper, ça nous permet en plus de travailler dans l’amélioration. D’éviter d’être dans l’urgence. Également, parce que la DCC2 a quand même beaucoup d’impact : des choses qui se voient, et d’autres qui se voient moins. Notamment, il y a plein de choses qui sont sur la traçabilité. La traçabilité, c’est des choses qu’on ne voit pas facilement, donc ni dans les magasins ni sur les parcours web. Mais derrière, il y a beaucoup de choses à préparer. Donc être dans l’urgence, c’est le risque d’être non conforme, de faire le minimum, et de devoir réagir très très vite lorsqu’on aura un contrôle. Puis, ceux qui s’y mettent maintenant, ils auront un avantage sur les autres. Ils ont un avantage non pas parce qu’ils auront fait un super chantier, ils ont un avantage parce qu’ils ont pris le temps de bien le faire, ce chantier.

NAJIM FILALI :

Et puis, ce que j’ai envie de dire aussi, par rapport à ça, c’est que, finalement, je ne veux pas être alarmiste, mais chaque mois compte. Parce qu’aujourd’hui, j’ai l’impression que parfois, pour le client, c’est un peu flou.

JUSTINE :

Côté expérience client, qu’est-ce que ça va apporter, cette nouvelle réglementation ?

VIRGINIE LECLUSE :

Alors déjà, on constate différentes expériences clients aujourd’hui. Et donc le gros avantage de DCC2, c’est de venir harmoniser. Quand je dis qu’on constate finalement différentes expériences, c’est évidemment qu’il y a des parcours qui sont conformes. Il y en a, honnêtement, qui le sont un peu moins. Je pense à des communications marketing où des mentions légales n’apparaissent pas, des messages obligatoires n’apparaissent pas. Et donc DCC2 vient harmoniser tout cela, et imposer ce cadre supplémentaire.

NAJIM FILALI :

Et le bon réflexe, peut-être, qu’on peut suggérer aux commerçants, c’est de faire le parcours soi-même, à la place du client.

JUSTINE :

Oui, c’est un bon conseil, ça. Je me mets dans la peau du client et j’essaie mon parcours de A à Z pour voir où c’est flou, où c’est clair.

NAJIM FILALI :

Exactement.

JUSTINE :

Vous me dites que l’objectif, du coup, c’est que le client comprenne mieux, qu’il n’entre pas dans un crédit sans s’en rendre compte. Mais moi, je me dis, pour un commerçant qui écoute, pour l’instant, ça ressemble à du temps à investir, à des dépenses pour être aux normes. Est-ce qu’on est en train de se parler d’une vraie opportunité business, ou d’une obligation à laquelle on essaie de donner du sens ?

NAJIM FILALI :

Tu as le droit de te poser la question, Justine, et en effet, c’est une très bonne question. Je pense que c’est la question centrale. Je vais y répondre de deux manières. La première, tu le dis, c’est une obligation. Forcément, c’est une directive. Maintenant, cette directive, elle ne tombe pas de nulle part. Elle est dans une continuité de textes juridiques. Et donc elle vient renforcer la protection du consommateur. Et derrière, c’est lutter contre le surendettement. Donc ça, c’est pour le consommateur. Et puis pour le commerçant, c’est aussi lutter contre les impayés ou les problèmes de trésorerie. Donc ça, c’est pour le côté, j’ai envie de dire, obligatoire. Il y a aussi le côté opportunité, qu’on évoque. Donc chez Oney, c’est une de nos raisons d’être : accompagner la consommation raisonnée. Et donc forcément, pour nous, c’est une belle opportunité.

JUSTINE :

Finalement, Virginie, c’est plutôt une évolution naturelle du marché ?

VIRGINIE LECLUSE :

Oui, tout à fait. C’est une évolution naturelle qui était attendue, puisque nous, ça fait très longtemps qu’on travaille ces différents sujets — la solvabilité, notamment, qui vient d’être introduite dans le paiement fractionné. Pour nous, c’est un sujet depuis toujours, qui est au cœur de nos préoccupations et qui fait partie de notre ADN.

JUSTINE :

Donc, vous êtes prêts ?

VIRGINIE LECLUSE :

Donc, on est prêts.

JUSTINE :

Tu l’as dit, ces sujets-là, Virginie, la réglementation au global, la solvabilité, la transparence, tu les travailles chez Oney depuis longtemps. Est-ce que tu peux nous donner un exemple, un retour d’expérience qui parlerait à nos auditeurs ?

VIRGINIE LECLUSE :

Oui, alors, un exemple très concret. Depuis très longtemps, on investit beaucoup dans la formation de nos équipes commerciales, qui accompagnent nos partenaires sur comment travailler le discours sur la solvabilité, donc demander revenus, charges, etc. Pour être au plus proche de la réalité. Donc c’est vraiment quelque chose qui existe depuis très longtemps chez nous. Également, ça fait très longtemps qu’on travaille avec l’association Crésus, qui, justement, accompagne les clients qui sont en difficulté. Donc, si nous, chez Oney, on détecte quelqu’un qui est en fragilité, le réflexe, c’est de le mettre en relation avec Crésus.

JUSTINE :

Oui, donc il y a une vraie volonté d’accompagner les clients. Et pour un commerçant qui est accompagné par Oney, comment vous l’accompagnez aussi sur la solvabilité ? Parce que j’imagine que parfois, il y a des impayés.

VIRGINIE LECLUSE :

Alors, les impayés sont pris en charge par Oney. Donc, tout l’accompagnement est fait. Sur les parcours, nous avons des mises en avant qui doivent être faites, donc pour la lisibilité, avoir les bonnes mentions, etc. Si un commerçant est connecté, donc par ce qu’on appelle une petite API, un connecteur qui est entre le commerçant et nous, c’est Oney qui s’occupe de tout. Donc, que ce soit de la mise en avant jusqu’à l’accompagnement des clients, Oney prend le relais. Donc, c’est un gage de confiance et de responsabilité vis-à-vis de nos partenaires. Et, forcément, ça rassure les clients.

JUSTINE :

Oui, c’est ce que j’allais dire. J’imagine que ça doit être vraiment rassurant, quand on accorde du crédit, de ne pas devoir s’imaginer subir tous les impayés et les problèmes de solvabilité. Aujourd’hui, un marchand qui propose du paiement fractionné, qu’est-ce qui va devoir changer demain sur son site, dans son parcours, dans ses documents, pour se mettre aux normes ?

NAJIM FILALI :

On pourrait les catégoriser en trois. La première chose, c’est la lisibilité. Virginie le mentionnait : c’est un certain nombre de mentions qui deviennent obligatoires. Donc le coût total du crédit qui vient renforcer ce qui était déjà obligatoire pour certaines à savoir la lisibilité. La deuxième, c’est la responsabilisation. Donc le terme « crédit », lui, devient obligatoire, ce qui n’était pas forcément le cas pour du trois fois et du quatre fois. Le terme crédit peut parfois faire peur. Je pense que c’est un bon moment, aussi, collectivement, pour l’intégrer. Et le troisième, c’est le timing, pour le coup. Tout ce qu’on évoque là doit être intégré avant le clic d’achat.

JUSTINE :

Donc, Virginie, pour le client, c’est un nouveau tunnel d’information qui lui permet d’avoir tout ce qu’il faut pour prendre sa décision ?

VIRGINIE LECLUSE :

Oui, c’est ça. Dès l’entrée en relation, finalement, avec le client, que ce soit dans un magasin ou sur un site commerçant, il a toutes les informations. Ça lui permet vraiment d’avoir les informations qui vont lui dire : je vais payer autant, ça va me coûter autant, je vais être prélevé à telle date, ça se finit à telle date. Il y a un contrat, des documents précontractuels, qui lui permettent d’avoir une très bonne lisibilité de tout ce à quoi il s’engage.

JUSTINE :

Moi, je résume, et vous me dites si j’ai bien compris. Ce qui change chez le marchand, c’est ce qu’il va afficher, comment il le présente, et ce qu’il transmet — avec un objectif commun, qui est la lisibilité, la transparence, pour renforcer la confiance avec le client.

VIRGINIE LECLUSE :

C’est exactement ça, Justine.

JUSTINE :

Bon, ça va, j’ai bien compris. Et alors maintenant, un marchand, un commerçant qui décide de ne pas le faire, Qu’est-ce qui se passe ?

NAJIM FILALI :

Aïe, aïe. Je ne le conseille pas, personnellement.

JUSTINE :

Qu’est-ce qui se passe ? Il y aura forcément des contrôles ?

VIRGINIE LECLUSE :

Les établissements sont contrôlés, comme vous le savez

JUSTINE :

Oui on le sait il y a des contrôles.

VIRGINIE LECLUSE :

Donc ça passe par le biais des commerçants aussi, des partenaires qui vont être mis en avant. Donc si la mise en avant ne correspond pas à la réglementation, il peut y avoir des sanctions de notre côté, en tant qu’établissement financier. Donc on a tout intérêt à être, nous, au carré. Mais le commerçant peut aussi en avoir, puisque nous informons les commerçants de ce qu’ils devront faire. Najim nous parlera des solutions maison.

NAJIM FILALI :

Sur les solutions maison, il y a énormément de choses qui sont en back, qu’on ne voit pas sur les parcours, qu’on ne voit pas dans les magasins, en termes de traçabilité, d’auditabilité, que nous impose la réglementation.

JUSTINE :

Est-ce qu’on se parle de sanctions type amende de stationnement de trente-cinq euros ou c’est un petit peu plus conséquent ?

NAJIM FILALI :

Non, c’est… là, trente-cinq euros, ce serait sympa. Non, on va être de l’ordre de— je vous donne un exemple : il y a un type de sanction où vous allez être sanctionné de 7 500 euros par contrat. Donc, si vous faites des milliers, des millions de transactions à crédit, si elles ne sont pas respectées, ça peut vite chiffrer.

JUSTINE :

Et j’imagine que s’il y a plusieurs infractions, ça va encore plus loin.

VIRGINIE LECLUSE :

Oui, forcément. Si vous avez des infractions qui sont très lourdes, ça peut aller jusqu’au retrait de l’agrément de distribuer du financement.

JUSTINE :

Donc plus de financement fractionné.

VIRGINIE LECLUSE :

C’est ça.

JUSTINE :

Ça, c’est le risque légal, officiel, entre guillemets. Et il y a aussi un risque avec le client ?

NAJIM FILALI :

Oui, alors, il y a des sanctions financières, on l’a dit, qui peuvent être très lourdes, mais les sanctions commerciales peuvent l’être tout autant. Un client qui apprend qu’il a été mal informé, c’est un client qui va perdre confiance. Et un client qui perd confiance, forcément, il va ailleurs. Et donc, pour le commerçant, c’est un manque de crédibilité, un manque de reconnaissance. Et puis, à long terme, c’est aussi une perte de revenus et de conversions.

JUSTINE :

Oui, si je ne le fais pas, je risque des sanctions, je risque de casser la confiance et la relation que j’ai construite avec mon client, et ça peut aller, au pire du pire, jusqu’à carrément ne plus pouvoir faire du tout de paiement fractionné.

NAJIM FILALI :

C’est ça.

JUSTINE :

Du coup, quand je vous écoute, je me dis que la DCC2, c’est quand même vraiment une opportunité.

VIRGINIE LECLUSE :

Pour ceux qui proposaient déjà le paiement fractionné, c’est aussi une chance de remettre tout à plat et de renforcer cette relation de confiance qu’ils ont avec leurs clients. Et puis, pour ceux qui jusque-là hésitaient à se lancer, c’est le bon moment pour y aller dans un cadre clair, sécurisé. C’est vraiment le bon timing. L’idée, c’est vraiment de renforcer la protection du consommateur. Donc dès maintenant, c’est mettre en place les bons ateliers avec tous les métiers, parce qu’il ne faut pas oublier que c’est très large. Je vous parle de différentes choses depuis tout à l’heure : DCC2 implique beaucoup de métiers. C’est pour ça qu’on a un programme DCC2, d’ailleurs, chez Oney, parce que ça implique beaucoup de métiers dans l’entreprise.

NAJIM FILALI :

Et puis, pour compléter : celui qui s’y met maintenant aura forcément un avantage. Il aura un avantage, non pas parce qu’il a fait un super chantier, même si c’est avec Oney, mais parce qu’il aura pris le temps de bien le faire. Celui qui le fait sera prêt, confiant, performant. Et celui qui ne le fait pas sera forcément sous pression.

JUSTINE :

Ça, c’est le monde idéal, c’est ce qu’il faut faire. C’est quoi le piège dans lequel il ne faut pas tomber ? Se dire : « C’est deux clics, je m’en occuperai plus tard » ?

NAJIM FILALI :

Ouais, ça fait partie des pièges. Il y en a quelques-uns, en effet. Le premier, je pense que c’est le plus gros : c’est de considérer que c’est un simple sujet juridique. Un sujet juridique qu’on va mettre de côté, de manière secondaire, ou qu’on va confier à un cabinet par ailleurs. Donc ça, c’est le premier piège. Le deuxième, c’est considérer qu’on va avoir du temps. Novembre va arriver vite, donc mettons le temps de notre côté. Et puis le troisième, et pour moi c’est le plus important, c’est de s’exonérer de l’accompagnement d’un acteur dont c’est le métier, qui a l’expérience, qui a éprouvé des solutions, et qui saura accompagner.

JUSTINE :

En fait, la DCC2, c’est une étape par laquelle il faut passer ?

VIRGINIE LECLUSE :

Oui, la DCC2 s’imposera à tous. Donc, il faut effectivement l’anticiper. Il y a énormément de métiers qui sont concernés. Il ne faut pas que ça soit la responsabilité d’un seul pôle métier.

NAJIM FILALI :

Oui, tout à fait. C’est vraiment un sujet où il faut embarquer tout le monde, tous les métiers. Ce n’est pas que du juridique : c’est de l’IT, c’est du parcours, c’est du marketing, c’est du binôme avec les associations. Donc c’est vraiment très large.

JUSTINE :

J’imagine que du coup, ça ne se fait pas facilement tout seul. Comment on fait pour bien s’entourer ?

NAJIM FILALI :

Ça ne se fait, en effet, pas seul. C’est même recommandé de le faire de manière accompagnée. Et un marchand qui va le faire de manière accompagnée, c’est un marchand qui va gagner du temps, encore une fois. Donc le deuxième bon réflexe qu’on va mentionner, c’est de se rapprocher, en effet, soit de son prestataire de services de paiement, soit de son organisme financier partenaire.

JUSTINE :

Est-ce qu’aujourd’hui, avec la DCC1, il y avait encore des acteurs du marché qui faisaient leur financement tout seuls, dans leur coin ?

NAJIM FILALI :

Exactement. Et ça se voit beaucoup dans l’univers du tourisme, notamment. Beaucoup ont développé une solution maison. Et donc ça, avec DCC2, malheureusement, ça ne sera plus possible demain. Mais il ne faut pas s’inquiéter, ce sont des choses qu’on fait. Je pense à des partenaires, d’ailleurs. Et donc on est là pour ça.

JUSTINE :

On arrive à la fin de notre échange. S’il y avait une seule phrase que les marchands qui nous écoutent doivent retenir, pour avoir envie d’agir maintenant, qu’est-ce que ça serait ?

VIRGINIE LECLUSE :

La DCC2 s’impose à tous. Maintenant, le tout est de savoir avec qui et comment vous allez le faire.

NAJIM FILALI :

Et puis moi, je ne vais pas être original, je vais dire : anticiper. Anticiper et vous rapprocher de votre partenaire de services de paiement. Et puis, finalement, j’ai un petit mot un peu philosophique : si tu veux transformer le temps en avantage concurrentiel, mets-toi-y maintenant.

JUSTINE (conclusion) :

Ça sera le mot de la fin. Merci à tous les deux. C’est beaucoup plus clair pour moi maintenant, la DCC2. J’espère que pour vous aussi. Si cet épisode vous a été utile, n’hésitez pas à le partager, et on se retrouvera très vite pour un autre sujet sur Connexions. Bonne écoute, et à bientôt. Merci Najim, merci Virginie.

NAJIM FILALI / VIRGINIE LECLUSE :

Merci beaucoup, Justine.

Le contexte

Le 20 novembre 2026, de nouvelles règles relatives au crédit à la consommation entreront en application en France. Appelée deuxième directive sur le crédit à la consommation, DCC2, actualise le cadre européen afin de mieux encadrer les nouvelles pratiques de financement, notamment certaines solutions de paiement fractionné ou différé. Cette date marquera une étape importante pour les établissements financiers et pour les commerçants qui proposent ces solutions à leurs clients.

L’échéance est désormais inscrite dans les calendriers. Pour les entreprises concernées, le chantier peut commencer dès aujourd’hui.

Préparer la DCC2 demande en effet d’examiner l’ensemble du parcours de financement. Les informations présentées au consommateur, les outils utilisés, les données échangées, les contrôles réalisés et les preuves conservées font partie de la réflexion. Plusieurs métiers doivent avancer ensemble pour construire un dispositif cohérent et opérationnel.

Dans cet épisode du podcast Connexions, Virginie LECLUSE, responsable de l’onboarding client et du programme DCC2 chez Oney, et Najim FILALI, chargé d’identifier et d’accompagner les futurs partenaires stratégiques, invitent les commerçants à utiliser le temps disponible pour préparer sereinement cette transformation.

Une réglementation qui ouvre un véritable projet d’entreprise

La transposition de la DCC2 étend notamment la réglementation européenne aux crédits de faible montant, aux crédits de courte durée et aux solutions de paiement fractionné ou différé.

Dans une entreprise, la première lecture du texte est généralement portée par les équipes juridiques et conformité. Elles identifient les règles applicables et accompagnent leur traduction dans les pratiques de l’organisation.

Cette traduction mobilise rapidement de nombreux interlocuteurs :

  • Les équipes marketing travaillent sur la manière de présenter le financement dans les communications.
  • Les responsables de l’expérience client déterminent à quel moment les informations doivent apparaître dans le parcours.
  • Les équipes informatiques prennent en charge les évolutions techniques.
  • Les équipes commerciales intègrent les nouvelles informations dans leur discours.
  • Le service client se prépare à répondre aux questions des consommateurs.
  • Les spécialistes des données organisent la traçabilité des actions réalisées.

Le partenaire financier occupe également une place centrale dans cette organisation. Il intervient dans le fonctionnement de la solution, l’évaluation de la solvabilité, la gestion du financement et l’accompagnement du client. Le projet doit donc être construit à partir d’une répartition claire des responsabilités entre tous les acteurs.

La préparation de la DCC2 devient ainsi un travail collectif. Elle nécessite une gouvernance, un calendrier et une coordination régulière entre les équipes.

L’échéance du 20 novembre 2026 se prépare dès maintenant

Une date d’entrée en application correspond au moment où l’ensemble du dispositif doit être prêt. Les parcours doivent être conformes, les documents doivent être disponibles, les collaborateurs doivent connaître les nouvelles procédures et les mécanismes de contrôle doivent être opérationnels.

Avant d’atteindre cette étape, l’entreprise doit comprendre précisément le fonctionnement de ses solutions de financement. Elle doit recenser les offres disponibles, identifier les canaux sur lesquels elles sont proposées et suivre le chemin emprunté par le client.

Cette cartographie constitue un point de départ essentiel. Une même enseigne peut proposer plusieurs modalités de paiement selon le montant du panier, la nature du produit, le canal de vente ou le partenaire sollicité. Chacune de ces situations mérite d’être analysée.

Vient ensuite le temps de la conception. Les exigences réglementaires doivent être transformées en règles d’affichage, en fonctionnalités, en documents, en contrôles et en procédures internes. Ces évolutions doivent trouver leur place dans les feuilles de route des différents métiers.

Les phases de validation et de test occupent également une place importante. Elles permettent de vérifier le fonctionnement technique du parcours, la présence des informations attendues et leur compréhension par le client.

En commençant suffisamment tôt, l’entreprise peut avancer progressivement et sereinement. Elle peut tester ses choix, recueillir les retours des utilisateurs et apporter les ajustements nécessaires. Elle donne aussi aux équipes le temps de s’approprier les nouvelles pratiques.

C’est ici que le temps devient un véritable levier de préparation.

Ce qui va changer pour le commerçant et le client

Avec la DCC2, les commerçants devront faire évoluer la manière dont ils présentent le financement à leurs clients. Dans l’épisode, Najim FILALI résume ces changements autour de trois dimensions essentielles, la lisibilité des informations, la responsabilisation du client et le moment auquel les informations lui sont communiquées.

Concrètement, le commerçant devra veiller à utiliser les bons termes pour présenter la solution. Le mot « crédit » devra apparaître lorsque la solution relève de cette qualification. Le coût total du crédit, le montant des échéances et les principales conditions du financement devront également être clairement indiqués.

Ces informations devront être accessibles avant le clic d’achat sur un site e-commerce ou avant l’engagement du client dans un point de vente. Elles ne pourront pas être découvertes uniquement à la fin du parcours. Le commerçant devra donc examiner ses communications marketing, ses supports commerciaux et les différentes étapes de son parcours de financement.

Pour le client, la DCC2 doit rendre l’engagement plus facile à comprendre. Dès son entrée dans le parcours, il devra pouvoir savoir combien il va payer, combien le financement va lui coûter, à quelles dates les prélèvements auront lieu et quand son remboursement prendra fin.

Des documents précontractuels et contractuels viendront compléter ces informations. L’objectif est de permettre au client de disposer de tous les éléments nécessaires pour comprendre la solution et prendre sa décision.

L’évaluation de la solvabilité prendra également une place plus importante dans certains parcours de paiement fractionné. Comme l’explique Virginie Lécluse dans le podcast, elle vise à mieux apprécier la capacité du client à rembourser et à renforcer sa protection.

Pour le commerçant, une partie du travail restera invisible. Les échanges de données avec le partenaire financier, la traçabilité des actions et la conservation des preuves devront être organisés. L’entreprise devra pouvoir retrouver les informations présentées au client et démontrer le bon déroulement du parcours.

Lorsque le commerçant utilise une solution connectée à Oney, l’organisme financier prend en charge une partie importante du dispositif, notamment l’accompagnement du client et la gestion des éventuels impayés. Le commerçant conserve toutefois un rôle dans la présentation de l’offre et dans la bonne intégration des informations au sein de son parcours.

La DCC2 va ainsi faire évoluer toute l’expérience de financement. Le commerçant devra adapter ses supports, ses parcours et son organisation. Le client bénéficiera d’informations plus lisibles pour comprendre la nature et les conditions de son engagement.

Adopter le regard du client pour préparer la DCC2

Dans le podcast, Najim FILALI partage un conseil très concret avec les commerçants. Il les invite à réaliser eux-mêmes le parcours de paiement fractionné proposé à leurs clients.

Ainsi ils pourront constater ou vérifier si :

  • Le financement est présenté sur la page d’un produit, dans le panier, à proximité du prix ou seulement au moment du paiement
  • Les mots employés permettent de comprendre immédiatement la nature de la solution
  • À quel moment le coût apparaît dans le parcours
  • La visualisation des échéances et des dates correspondantes est claire et lisible.
  • La documentation partagée est accessible

Cette exploration permet d’observer l’expérience avec le regard d’un utilisateur. Elle aide aussi à repérer les écarts entre les différents supports. Une information peut être présente dans le tunnel de paiement et absente d’une communication commerciale. Une formulation peut évoluer entre la page produit et le document contractuel. Une étape peut être parfaitement lisible sur ordinateur et devenir moins accessible sur mobile.

Pour guider cet exercice, quelques questions suffisent :

  • Le client comprend-il qu’il s’engage dans une opération de crédit ?
  • Connaît-il le montant total qu’il devra rembourser ?
  • Peut-il identifier le nombre, le montant et les dates de ses échéances ?
  • Dispose-t-il des informations nécessaires avant de s’engager ?
  • Peut-il retrouver et conserver les documents qui lui sont remis ?
  • L’entreprise conserve-t-elle la trace des informations communiquées ?

Ce premier test ne remplace pas un audit juridique, fonctionnel et technique. Il offre une vision immédiate de l’expérience proposée et permet de lancer les échanges entre les équipes.

Quels sont les risques si la DCC2 n’est pas appliquée ?

Dans l’épisode, Virginie LECLUSE et Najim FILALI alertent sur les conséquences d’un parcours qui ne respecterait pas les nouvelles règles.

Un commerçant qui ne présente pas correctement son offre de financement ou qui ne met pas en place la traçabilité attendue peut s’exposer à des sanctions. Virginie cite notamment l’exemple d’une sanction pouvant atteindre 7 500 euros par contrat pour un type d’infraction. Lorsque l’enseigne réalise un grand nombre de transactions à crédit, les montants peuvent rapidement devenir importants. Les infractions les plus lourdes peuvent également conduire au retrait de l’agrément permettant de distribuer du financement, avec pour conséquence l’arrêt du paiement fractionné.

À ce risque réglementaire s’ajoute un risque commercial. Comme l’évoque Najim, un client qui estime avoir été mal informé peut perdre confiance dans l’enseigne et se tourner vers une autre. À terme, cette perte de confiance peut affecter la crédibilité du commerçant, ses revenus et ses conversions.

Ce qui favorise la mise en application de la DCC2

Mobiliser tous les métiers concernés

La mise en application de la DCC2 repose d’abord sur une mobilisation collective. Le projet concerne les équipes juridiques, l’IT, le marketing, les responsables des parcours, les équipes commerciales et les collaborateurs en contact avec les clients. Leur implication permet de traduire les exigences réglementaires dans les supports, les outils et les pratiques quotidiennes. Une gouvernance commune aide chacun à comprendre son rôle et à faire avancer les travaux de manière coordonnée.

Anticiper les différentes étapes du projet

L’anticipation constitue également une condition essentielle. Les évolutions juridiques, techniques et opérationnelles s’inscrivent dans un même calendrier. Une décision réglementaire peut orienter un développement informatique. Ce développement peut ensuite permettre la création d’un document ou l’évolution d’une étape du parcours. Les procédures stabilisées servent enfin de base à la formation des équipes.

Un calendrier préparé suffisamment tôt facilite l’enchaînement de ces travaux, la réalisation des tests et les ajustements nécessaires avant le 20 novembre 2026.

Cartographier les parcours proposés par le commerçant

Pour le commerçant, la préparation commence par une connaissance précise des solutions proposées à ses clients. Il est utile de recenser les parcours concernés, les supports utilisés et les informations communiquées avant l’engagement.

Cette cartographie permet d’identifier les évolutions à engager et les métiers à associer. Tester le parcours en se mettant à la place du client aide également à repérer les informations peu lisibles et les étapes qui demandent à être clarifiées.

S’appuyer sur l’expertise du partenaire financier

Le partenaire financier joue lui aussi un rôle structurant. Son expertise permet d’accompagner le commerçant dans l’évolution des parcours, la présentation de l’offre, l’évaluation de la solvabilité et la prise en charge du client.

Lorsque la solution est connectée à Oney par une API, Oney intervient dans le fonctionnement du financement et dans l’accompagnement du client, notamment en cas d’impayé. Le commerçant reste impliqué dans la présentation de l’offre au sein de son parcours.

Une collaboration engagée rapidement permet au commerçant et à son partenaire financier de partager une même vision des responsabilités, des informations à transmettre et des évolutions à mettre en œuvre. Elle facilite également la construction d’un calendrier commun et la coordination des travaux techniques.

Former les équipes aux nouvelles pratiques

Enfin, la formation des équipes contribue directement à l’application de la DCC2. Les collaborateurs doivent comprendre les solutions proposées, connaître les informations à communiquer et savoir répondre aux questions des clients.

Cette appropriation collective permet d’intégrer les nouvelles exigences dans les pratiques de l’entreprise et de proposer un parcours plus lisible.

La DCC2 peut devenir un levier de confiance

La DCC2 peut être considérée comme une contrainte réglementaire mais elle peut être aussi perçue comme un véritable renforcement du droit des consommateurs et prévenir les situations de surendettement. Et en cela, son application, aussi bien en ligne qu’en point de vente, peut devenir un véritable levier de confiance pour les solutions de financement de faibles montants.

La confiance se construit et se prépare. Préparer la DCC2, c’est anticiper la transformation des parcours et ainsi favoriser l’amélioration continue et la performance.

Pour Oney, c’est une véritable opportunité car l’application de cette nouvelle directive conforte ses positions et ses engagements vis-à-vis d’une consommation plus responsable. Depuis de nombreuses années, nous travaillons aux côtés de la Fondation CRÉSUS, pour prévenir les difficultés financières des clients.

A propos du podcast CONNEXIONS

Connexions, c’est le podcast B2B de Oney qui éclaire les grands enjeux d’aujourd’hui et de demain.

Réglementation, paiement, expérience client, partenariats, innovation : à chaque épisode, nos experts décryptent les sujets qui façonnent notre environnement et celui de nos partenaires.

Des échanges concrets et accessibles pour mieux comprendre son environnement, anticiper les évolutions du marché et garder une longueur d’avance.

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